Et si les Français adoptaient… un joueur espagnol ?
Les Espagnols ont peut-être privé les Bleus du titre mondial, mais Marc Cucurella a offert aux supporters français une autre façon de regarder la Roja. Derrière le champion du monde se cache aussi le père d’un garçon autiste, qui parle de son quotidien avec une belle sincérité.
Pour beaucoup de Français, applaudir l’Espagne n’était pas une évidence dimanche soir. Mais certains supporters avaient au moins une bonne raison de jeter un œil bienveillant vers la Roja : la présence de Marc Cucurella sur la pelouse.
À 27 ans, Marc Cucurella, défenseur de la Roja, est devenu ces derniers mois une voix inattendue pour de nombreuses personnes concernées par l'autisme. Non pas parce qu'il prétend parler au nom des autres, mais parce qu'il raconte avec beaucoup de simplicité ce que vivent, chaque jour, lui, sa compagne Claudia et leur fils Mateo, diagnostiqué autiste.
Dans un entretien accordé à Pau Brunet, un jeune Espagnol autiste engagé dans la sensibilisation aux troubles du neurodéveloppement, Marc Cucurella explique : « Un enfant autiste ne comprend pas les choses comme tout le monde. C'est à nous d'apprendre à le comprendre. » Une phrase simple qui résume à elle seule un changement de regard : plutôt que vouloir faire entrer son enfant dans notre monde, apprendre à entrer dans le sien.
Le joueur évoque également combien le diagnostic a bouleversé la vie de sa famille. Les nuits sans sommeil, les inquiétudes, la recherche d'une école adaptée, l'angoisse de ne pas toujours savoir comment aider son fils… Parfois, pourtant, de telles épreuves se transforment en une belle histoire : « Soit cela vous sépare, soit cela vous rapproche. Nous sommes devenus incroyablement proches », confie Claudia.
Marc Cucurella met aussi des mots sur ce sentiment d'impuissance partagé par tant de parents : « Ce qui me fait le plus souffrir, c'est de le voir mal sans savoir comment l'aider. »
Certains de ses choix de carrière tiennent également compte des besoins de son fils. Avant d'envisager un transfert, il explique qu'il regarde aussi si la ville propose une école et des accompagnements adaptés. « Avant le football, le plus important est que ma famille aille bien », précise-t-il dans un entretien repris par 20 Minutos.
Au-delà du trophée, des paillettes et des grands récits sportifs, Marc Cucurella a surtout offert une belle visibilité aux centaines de milliers de familles concernées par l’autisme. Et pour les supporters français encore un peu dépités, c’est peut-être la meilleure consolation : avoir trouvé, dans le camp adverse, un champion à applaudir.