Une nomination sous haute surveillance
Le mandat de Claire Hédon s'achève en juillet 2026. La nomination de son successeur à la tête du Défenseur des droits mobilise une coalition d'associations et une pétition en ligne qui réunit déjà plus de 68 000 signataires.
Pour de nombreuses familles d'enfants autistes ou handicapés, le Défenseur des droits constitue un recours lorsque surviennent des difficultés. C'est souvent vers cette institution indépendante qu’elles se tournent quand un enfant est exclu de son école, privé d'AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap) ou discriminé dans l'accès aux soins. Comme nous l’expliquions dans un article récent, le handicap représente 27 % des dossiers de discrimination instruits en 2025 par le Défenseur des droits. En 2025, l'institution a enregistré 160 000 dossiers et instruit plus de 6 000 dossiers de discrimination.
Dans les prochaines semaines, le Président de la République nommera le successeur de Claire Hédon pour un mandat de six ans, irrévocable et non renouvelable. Le nom pressenti est celui de François-Noël Buffet, ancien ministre chargé des Outre-mer puis de l'Intérieur. Une perspective qui suscite l'inquiétude d'une partie du monde associatif et des défenseurs des droits humains. D'autant plus qu'Éric Dupond-Moretti, ancien garde des Sceaux, avait été le premier nom évoqué au printemps, avant de susciter une première pétition réunissant plus de 30 000 signatures.
Face à ces hypothèses successives, une coalition d'associations – dont APF France handicap, Act-Up Paris, Aides, Amnesty International, ATD Quart Monde, la Fédération des Francas, Human Rights Watch, la Ligue des droits de l'Homme, Médecins du Monde, Unicef France, rejointes par des chercheurs et plusieurs syndicats - a lancé une pétition en ligne qui a déjà recueilli plus de 68 000 signatures. « Le Défenseur des droits doit être incarné par une personnalité dont les prises de position et les engagements sont pleinement alignés avec les principes que l'institution défend », y lit-on.
Les opposants à la nomination de François-Noël Buffet estiment que son parcours politique et certaines de ses prises de position passées ne présentent pas les garanties d'indépendance attendues pour diriger cette institution. « Cette figure politique semble aux antipodes de ce qui est attendu d’une personnalité en charge de la lutte contre les discriminations », écrit par exemple Aides dans un communiqué.
Le texte de la pétition en ligne appelle aussi les parlementaires à jouer leur rôle : « Nous demandons aux membres de l'Assemblée nationale et du Sénat, qui seront amenés à donner leur avis sur la personnalité proposée par le Président de la République, d'exercer leur pouvoir de contrôle démocratique et de s'opposer à la nomination de toute personne qui ne présenterait pas ces garanties. »