Ces frères et sœurs qui grandissent dans l’ombre du handicap
Lorsqu'un enfant est diagnostiqué autiste, toute la famille s'adapte. Même si l'aidant principal est souvent une femme de plus de 50 ans, parmi les proches les plus impactés figurent aussi les frères et sœurs, qui deviennent parfois de véritables jeunes aidants sans même s'en rendre compte.
Ces jeunes doivent alors jongler entre leurs études, leur vie sociale et des responsabilités qui dépassent leur âge.
C'est le témoignage qu'a récemment partagé Atlay Beaufort auprès de Champagne FM. Étudiant infirmier à Reims, il raconte son quotidien auprès de son petit frère atteint d'autisme sévère non verbal. Une expérience qui a profondément marqué son enfance et façonné son parcours. Altay avait dix ans lorsque le diagnostic a été posé. Son petit frère souffre d'une forme d'autisme non verbal. Avec du recul, le jeune homme se rend compte qu’il n’a pas eu une adolescence comme les autres.
Son récit met en lumière une réalité encore peu connue : celle de jeunes qui soutiennent leur famille au quotidien tout en poursuivant leurs études et leur vie personnelle.
Il évoque les changements profonds provoqués par le diagnostic dans la dynamique familiale. Comme beaucoup de jeunes aidants, il explique ne pas avoir immédiatement identifié ce rôle : il était simplement un enfant qui voyait son quotidien se transformer et qui, naturellement, apportait son soutien à sa famille.
Son témoignage met en lumière une réalité partagée par de nombreux jeunes : devenir un pilier familial sans toujours disposer des mots pour décrire ce que l’on vit.
Entre 700 000 et 1 million de jeunes âgés de 13 à 18 ans seraient aidants en France. Ils accompagnent un parent, un frère ou une sœur confronté à une maladie, un handicap ou une perte d'autonomie. Pourtant, beaucoup restent invisibles et ne se considèrent pas eux-mêmes comme aidants.
L’Association JADE (Jeunes AiDants Ensemble) oeuvre depuis plusieurs années à leur reconnaissance. Pionnière sur le sujet des jeunes aidants en France, elle a été créée en 2016, après 3 années d’ateliers cinéma-répit en Essonne.
Le but de l'association ? Offrir des dispositifs de répît et d'expression, permettant à ces jeunes de partager leur expérience et de rompre leur isolement.
JADE accompagne aussi les structures qui souhaitent aider les jeunes aidants et mettre en place des actions de sensibilisation auprès des professionnels de santé, de l'éducation nationale pour mieux repérer ces jeunes aidants.
La France est en retard au niveau du repérage de ces jeunes et de leur reconnaissance. Au Royaume-Uni, l’aide dispensée par les young carers est légalement reconnue depuis 2014 par la loi et de nombreux dispostifs existent pour les accompagner.